Encadrée par deux airs de java, "Anna la bonne" est interprétée pour la première fois par Marianne Oswald au Studio d'Art Comique de Georgius. Cette chanson parlée (comme l'auteur, Jean Cocteau, la désigne lui-même) est inspirée du fait divers des sœurs Papin, les deux domestiques qui, en 1933, massacrent leurs patronnes, la mère et la fille. Personne n'expliqua jamais la sauvagerie de leur geste et leur mutisme ne fera qu'ajouter à la fascination du cas Papin. En 1947, Jean Genet traitera également le sujet dans sa pièce "Les Bonnes". En 2000, le cinéaste Jean-Pierre Denis consacre à ce crime son film "Les Blessures assassines". Dans ce texte, Anna est la bonne du palace, que la jolie et riche Annabelly sonne à toute heure. Une nuit, sa maîtresse la fait venir pour qu'elle lui verse dix gouttes de véronal mais la bonne lui fait boire une dose plus forte et la tue. Par ce geste tragique, Anna met fin à toute sa rancune et se libère de sa condition. La voix rauque de Marianne Oswald, pour qui écrit aussi Jacques Prévert, ajoute ici à l'effet dramatique.
© Le Hall de la chanson
Auteur : Jean Cocteau
Compositeur :
Interprète : Marianne Oswald
Durée : 5'12

Editeur : Cerda - Billaudot
Producteur : EPM
Référence du disque : 982272
Date d'enregistrement : 1934